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“La résignation allège tous les maux sans remède.” [Auxane Lindberg]
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Auxane Lindberg
3ème Mentaskòli
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Couronnes : 430
Messages : 103

“La résignation allège tous les maux sans remède.” [Auxane Lindberg]

Auxane Lindberg
ft. Emily Rudd
↘ carte d'identité
Nom : Lindberg + Prénoms complets : Auxane + Âge : 18 ans + Date et lieu de naissance : bla + Situation familiale : Son père est vice-président d'un groupe suédois. Sa mère était infirmière. + État civil : Célibataire + Orientation sexuelle : Elle ne sait pas trop... + Groupe : ελληνικά + Dieu affilié : Poséidon + Don : Aquakinésie : Contrôle des eaux, absolu quand elle le maîtrise et lorsqu'il s'agit d'eau salée, approximatif dans tous les cas lorsqu'il s'agit d'eau douce. Cela s'explique par le fait que Poséidon est avant tout le dieu des mers et des océans. + Année d'étude/Profession : 3ème Menntaskòli. Elle travaille à mi-temps comme commis de cuisine à la petite taverne de l'école.

↘ caractère

Auxane est le genre d'élève que tous les profs rêvent d'avoir en cours. Attentive et curieuse, elle pose beaucoup de questions mais donne aussi de nombreuses réponses et possède un bulletin dont tout parent digne de ce nom serait fier. Un éternel petit sourire aux lèvres, Auxane semble dotée d'une sagesse qui ne sied pas à son âge. Pourtant, le dieu qui l'a choisie n'a rien d'un ange, il est même plutôt colérique lorsque l'envie lui en prend. C'est d'ailleurs ce qui pèche dans leur relation et cause autant de désagréments à la jeune femme. Robinets qui explosent pratiquement lorsqu'elle les ouvre ou refusent de lui donner la moindre goutte, vagues qui se soulèvent dans la piscine de l'école et même de légers tremblements de terre quand elle ne s'y attend pas, tout est bon selon Poséidon pour lui faire comprendre qu'il est en désaccord avec elle. Auxane a décidé de prendre cela avec philosophie et rit bien souvent des mésaventures qui sont les siennes. Douce, un peu énigmatique, la demoiselle considère certaines parties de sa vie comme un jeu et ne s'offusque jamais des rumeurs qui courent à son propos. Elle les entretient parfois elle-même, ce qui est dû à cet espèce de petit côté taquin qu'elle a certaines fois. Au final, Auxane est une fille déconcertante par pleins d'aspects mais qui ne cherchera jamais à faire de mal à quiconque. C'est plutôt l'inverse. À vrai dire, pour les gens qu'elle aime, la jeune femme est prête à tout. Même à se sacrifier durablement. Elle l'a déjà fait. Et c'est ce qu'elle fait toujours...
Il va sans dire qu'elle aime la mer et ses différents aspects, et c'est peut être cet amour pour les étendues d'eau salée qui l'a rendue digne d'être l'élue de Poséidon. À moins que ça ne soit ce courage dont elle-même n'a pas conscience et qui bat pourtant si fortement dans ses veines. Ou ce lointain ancêtre grec du côté de sa mère et à qui elle doit ses longs cheveux bruns. Toujours est-il qu'elle est l'élue de Poséidon et, à part leurs diverses anicroches, tient son rôle avec honneur.

↘ premier contact
/!\ Ce passage correspond mot pour mot à celui posté dans la demande de don, je vous conseille donc d'aller le lire là-bas afin que ce soit plus lisible.

L'eau est un exutoire pour Auxane qui se sent apaisée en sa présence. C'est encore plus vrai pour la mer qui est pour elle un symbole de force tranquille, ce à quoi elle aspire. Avec la découverte de ce pouvoir, Auxane s'est sentie poussée par un nouvel espoir qui l'aide à surmonter les épreuves de son existence et elle est peu à peu devenue cette jeune femme pleine de sagesse qu'elle aspirait à devenir. Voilààà o/
+ Démonstration : Auxane regarda à nouveau la mer, l'air contrarié. La nuit passée avait été difficile et... elle se sentait vide des forces qui l'animaient habituellement. Aujourd'hui, elle se sentait triste et les quelques questions dont elle chercherait éternellement les réponses étaient revenues la tourmenter ce matin au réveil alors qu'elle prenait sa douche. Elle avait failli laisser couler des larmes qu'elle rejetait désormais mortellement mais, à force de courage et de volonté, elle était parvenue à en retenir la plupart. Les autres s'étaient perdues dans l'eau claire qui ruisselait sur son corps pour mieux la laver de tous ses maux et personne n'avait remarqué qu'il y avait eu tant de détresse en son cœur ce matin-là. Elle était ensuite partie en cours et avait été distraite durant chacune des heures passées à écouter ses professeurs, si bien qu'elle était persuadée d'avoir loupé son devoir. Cela n'affecterait pas vraiment ses moyennes, trop élevées pour souffrir d'une note « normale », mais participait tout de même à sa contrariété générale. Un énième soupir quitta ses lèvres tandis que son regard se perdait à l'assaut des vagues en contrebas. La mer semblait... bien plus libre qu'elle ne le serait jamais. Infinie, sauvage et colérique, elle avait cette force qui n'avait jamais su pulser dans son âme, qui n'avait jamais existé en elle et qui n'existerait sans doute jamais. Elle avait ce courage qu'elle ne posséderait pas en toute une vie et qui pulsait pourtant sous ses yeux, à chaque seconde. Assise contre l'un des rochers qui surplombaient si fièrement les eaux furieuses, Auxane se demanda un instant s'il ne serait pas plus simple de se laisser engloutir par cette force qui lui faisait tant envie, si se laisser emporter n'était finalement pas la réponse à toutes les questions qui dévoraient son âme petit à petit et qui un jour finiraient par la tuer, sinon par la rendre creuse. Celle qui revenait le plus souvent, celle qui mordait le plus violemment sa chair tenait en peu de lettres et pourtant, crucifiait systématiquement son cœur sur la croix de ses douleurs. Pourquoi. Pourquoi sa mère était-elle partie sans elle, pourquoi son père était-il si désespéré malgré tous ses efforts, pourquoi elle n'arrivait pas à assumer ses propres choix, pourquoi sa mère avait-elle emporté sa sœur plutôt que l'inverse, pourquoi son père était-il obligé de faire ça, pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Ces interrogations tournaient en boucle dans son esprit sans jamais s'arrêter et certains jours, Auxane n'en pouvait tout simplement plus. Aujourd'hui faisait partie de ceux-là. Aujourd'hui faisait partie de ceux-là et, pour une fois, elle se prenait à des vœux égoïstes, de ces souhaits que l'on ne réalise qu'une fois, qu'on ne prend le risque d'accomplir que lorsque l'on est lâche et absolument pas digne de ceux qui nous entourent. Et ces vœux égoïstes, pour une raison inconnue, avaient visiblement tendance à se concrétiser, car elle s'était levée sans même y penser. Lorsqu'elle s'en rendit compte, Auxane éclata d'un rire qui se mua bientôt en sanglot. Une larme, d'abord solitaire puis suivie de mille autres dévala sa joue sans plus de cérémonie, sans se soucier de si elle le souhaitait ou non. De toute façon, qui s'en était déjà soucié ? Personne. Personne ne se souciait jamais de ce qu'elle voulait. Personne n'en avait rien à faire et elle, elle était là pour endurer, encore et encore, les mêmes sévices, les mêmes douleurs, les mêmes peurs, sans que personne ne daigne jeter le moindre coup d'oeil sur ses propres désirs. On l'abandonnait, on lui imposait des choses qui la dégoûtaient d'elle-même, on lui demandait d'endurer pour soi, et rien, rien n'avait vraiment de sens. Car Auxane avait beau endurer, Auxane avait beau lutter de toutes ses forces, ce n'était jamais suffisant pour accompagner, pour guérir la personne pour qui elle le faisait. Ça n'avait plus d'intérêt. Ça n'en avait jamais eu. Ça n'en aurait jamais. De toute façon, il valait bien mieux qu'ell-...

« Non. »

Auxane eut un violent sursaut. Une voix, inconnue, qui ne lui appartenait pas, venait de s'immiscer dans son esprit pour murmurer un mot unique, mais doté d'une puissance pareille à l'océan. Les larmes cessèrent brusquement, tues par un étonnement mêlé de crainte. Un instant, elle se demanda si tout ce qu'elle avait vécu durant sa vie ne l'avait pas rendue folle.

« Non. »

La voix réitéra et, si elle avait osé, Auxane aurait dit que son possesseur s'était agacé de ses pensées. C'était absurde. Et pourtant...

« Qui est absurde ? »

La jeune fille sentit tout son corps se raidir tandis qu'elle secouait la tête.

« J-je m'excuse. »

Annonça-t-elle brusquement. Elle se fit la réflexion qu'elle serait sans doute passée pour une cinglée si quiconque, à ce moment-là, était passé par là.

« Cesse de t'excuser tout le temps, Auxane Lindberg. Tu es promise à un destin bien plus grand que cela, et ces mots arrachent ta fierté plus violemment que ne le feraient les récifs. »

Cette fois-ci, c'était certain, elle était bel et bien devenue folle. Un agacement qui n'émanait pas d'elle fit battre ses tempes et Auxane ferma brutalement les yeux. Avant de les rouvrir tout aussi vite. Lorsqu'elle les avait clos, un homme, gigantesque et remarquablement bien taillé, des boucles brunes entourant des traits étonnamment fins, l'avait observée d'un regard à la fois sévère et infiniment doux. Mais ce qui la marqua le plus fut son regard. Pareil au sien, si intense qu'il était comparable à la mer qui battait sauvagement à ses pieds. Il y avait un homme, dans sa tête, et lorsqu'Auxane se fit cette réflexion, il lui sembla un instant que cela n'avait rien d'étrange. La jeune fille se demanda quand tout cela avait bien pu commencer, quand voir si nettement quelqu'un dans son esprit était devenu normal pour elle mais ne trouva aucune réponse. Car cela n'avait rien d'habituel. C'était même tout l'inverse.

« Ferme à nouveau les yeux. »

Le ton était si impérieux qu'Auxane s'exécuta sans protester et fit de nouveau face à l'étranger qui envahissait son esprit tout entier, tant sa présence était impressionnante.

« Tu sais qui je suis ? »

Spontanément, la demoiselle secoua la tête avant de se rappeler que son invité surprise ne pouvait pas la voir. Une moue agacée, bien la sienne cette fois, se glissa contre ses lèvres. Elle n'eut pourtant pas le temps d'ajouter quoique ce soit avant que l'homme ne reprenne la parole.

« Concentre-toi, Auxane Lindberg. Tu sais qui je suis. »

Le nom qui lui vint brusquement en tête n'était qu'un délire d'adolescente un peu trop rêveuse. Au lieu de le prononcer, elle s'apprêta à signifier sa non-connaissance du sujet mais n'en eut jamais le temps.

« Oui. »

Auxane rouvrit brusquement les yeux sous la surprise.

« Ferme. »

L'injonction la rappela à l'ordre et la jeune fille revint dans les limbes de son esprit.

« V-vous êtes vraiment... ?
- Dis-le. »

Encore une fois, la force qui émanait de la voix la poussa à répondre, comme si une part d'elle était incapable de refuser quoique ce soit à cet homme qui se prétendait être...

« Poséidon. Neptune. V-vous...
- Je suis le dieu des mers et des océans, des tremblements de terre et des sources. Je suis l'ébranleur de terre, et c'est toi, Auxane Lindberg, que j'ai choisi. Tu es l'élue à qui je confie mon pouvoir. Tu es celle qui porte en elle la voix de l'eau. Tu es celle qui parlera aux vagues et qui saura les faire obéir, car je suis leur maître et je t'en donne le pouvoir. Ouvre les yeux, Auxane Lindberg, et lève ces bras que j'ai trouvé ballants le jour de notre rencontre. Qu'ils ne soient plus jamais baissés. Tu es l'élue du dieu des océans et à ce titre, il te faut être fière. Va. »

Alors, comme Auxane n'avait de toute façon plus rien à perdre et qu'elle se pensait résolument folle, elle ouvrit les yeux, avança d'un pas et leva les bras. Alors, comme tout ce qu'elle venait de vivre se trouvait être la vérité et qu'elle était bel et bien l'élue des eaux, une vague se souleva, fière et brave, formidable de puissance et vint s'échouer à ses pieds, à plusieurs mètres du rivage, au dessus de la falaise sur laquelle elle s'était perdue. Alors, Auxane écarquilla les yeux et trébucha sur le sol.

« Relève-toi, Auxane Lindberg et sois digne de la mission qui est désormais la tienne. »

Ce fut là la dernière phrase qu'elle reçut de l'éminent dieu grec. Elle eut beau l'appeler, le supplier de répondre à ses interrogations, celles-ci rejoignirent le rang de ces éternelles questions sans réponse qui devaient la tourmenter encore longtemps. Pourquoi elle ?
derrière l'écran
Auxane | Anthinéa
Quel âge as-tu ? 22 ans Comment es-tu arrivé jusqu'à nous ? Par magiiie ! Non en fait je suis modératrice ici et ceci est mon DC ! Comment trouves-tu notre forum ? Magnifique ! A quelle fréquence penses-tu nous rendre visite ? Aussi souvent qu'avec Neala ! Un petit mot pour la fin ? Mangé par le plus sage des admins ~


“La résignation est au courage ce que le fer est à l'acier.”

/!\ Ce texte contient des passages difficiles. Pour public averti.


« Dis papa, pourquoi maman et Lena sont parties ? »

L'homme en face d'elle, si grand qu'il en devenait effrayant, soupira doucement, l'air fatigué et indubitablement contrarié. Levant deux grands yeux d'un bleu presque mystique, il les posa sur la petite fille de six ans, désormais la seule personne qu'il ait au monde. Auxane. Auxane, qui l'observait de son regard si semblable au sien, encadré par des cheveux si sombres qu'on doutait parfois qu'elle ait vraiment du sang suédois. Lorsqu'il la prenait dans ses bras, sa chevelure jurait terriblement avec la sienne, d'un blond presque blanc. L'avantage, pensa-t-il, c'était que personne ne remarquerait lorsqu'il prendrait une toison blanche. Pourvu qu'elle le soit et non pas grise... Même s'il ne l'avouait pas, il craignait que les dieux ne l'entendent pas et lui fournissent nombre de cheveux argentés qui jureraient terriblement avec la pâleur des siens. Soupirant à nouveau, celui qui avait jusque là pu se prétendre père de famille glissa une main sur la joue de sa toute petite, qui ferma ses jolis yeux couleur océan.

« M-ma puce... Tu sais, parfois, les grands font des choses... très graves et vraiment pas très gentilles, m-mais ce n'est en aucun cas la faute des enfants. D'accord ? »

Sa petite brunette, qui avait été l'aînée de sa fratrie et qui était désormais fille unique, hocha sagement la tête. Fort de ce constat, il poursuivit.

« M-maman est partie parce qu'elle était très en colère contre papa et-...
- Pourquoi maman était-elle en colère ?
- … Pour des histoires de grands, mon cœur. Tu comprends ? »

Auxane opina du chef et attendit la suite d'une déclaration qu'elle craignait un petit peu, pour tout avouer.

« E-et même si maman ne revient pas... c-ce n'est et ne sera jamais de ta faute.
- Mais pourquoi elle n'a emmené que Lena ? »

Devant son enfant si remplie de doutes, l'homme eut un temps d'arrêt. Comment expliquer à un enfant que sa mère avait préféré sacrifier sa fille aînée pour parfaire son départ plutôt que de l'attendre au risque de croiser celui qu'elle fuyait ? Impossible. C'était impossible et il poussa un soupir las. En une journée, il avait perdu sa femme et l'une de ses fillettes, et surmonter ça relevait de l'exploit. Il avait eu beau s'excuser, rien n'y avait fait. Rien n'y ferait plus jamais, désormais, et il le savait.

« Je ne sais pas, mon cœur, je ne sais pas... »

Soulevant la petite demoiselle qui restait à ses côtés, il ébouriffa la masse brune de ses cheveux avant de tirer doucement sur sa joue.

« En tout cas, elle ne sait pas ce qu'elle loupe ! Laisser une aussi jolie princesse ici, quelle erreur ! »

Le sourire qu'il parvint à arracher à Auxane lui réchauffa le cœur. Tout irait bien. Il en était persuadé.






Cela faisait un an tout juste que maman était partie et Auxane ne pouvait nier qu'elle lui manquait affreusement. Lena aussi, d'ailleurs. Même leurs chamailleries lui manquaient et la petite fille s'ennuyait très souvent. Trop souvent. Et comme son papa était un gentil papa, il lui arrivait, le soir, de la faire dormir dans son lit à lui, son lit d'adulte, afin qu'elle ne soit pas seule. Dans ces moments-là, pourtant, Auxane n'était pas toujours très contente. Elle avait un peu peur du noir et de ce que celui-ci signifiait, de tout ce qui pouvait s'y cacher et des mains qui la touchaient lorsque la lumière s'éteignait. Papa disait toujours qu'elle faisait des cauchemars et que tant que ces mains ne lui faisaient pas de mal, il n'y avait pas à s'inquiéter. Auxane était d'accord, mais elle préférait tout de même éviter de dormir dans le lit de papa, car c'était toujours là-bas que cela se produisait. Jamais dans sa chambre à elle. Sans doute était-ce grâce à Beezee, dont le nom se prononçait « Bidzi », qui devait la protéger très très fort de toutes ses craintes ! Après tout, Beezee avait été aussi triste qu'elle, lorsque maman et Lena étaient parties sans lui. Parce que Beezee, il était le doudou de Lena, avant tout ça. Mais ce n'était pas grave, car désormais, ils se servaient mutuellement d'amis et ça, c'était vraiment très bien. Auxane emmenait Beezee partout, sauf à la piscine et dans le lit de papa. Elle avait en effet très peur que sa peluche se noie ou que les mains ne l'emportent. D'ailleurs, papa était d'accord. Alors, pour préserver son doudou, Auxane faisait volontiers le sacrifice de ces nuits tranquilles dont elle rêvait avec tant d'ardeur. Et puis, papa avait raison. Les mains n'étaient pas si méchantes. Elles ne lui avaient encore jamais fait de mal.






« Auxaaaane ! Viens manger, c'est prêt !
- J'arriiiive ! »

Une petite fille aux longs cheveux bruns accourut dans la cuisine, un grand sourire aux lèvres. Elle posa délicatement une peluche usée par le temps sur une chaise, puis fila se laver les mains dans l'évier. Une fois cela fait, elle s'installa à son tour, juste à côté de son doudou. Son père trouva cela très mignon et ne put empêcher une moue attendrie de se greffer sur ses traits.

« C'est bien mon cœur. Est-ce que Beezee a les mains propres, lui aussi ?
- C'est pas des mains, c'est des pattes ! Et même que oui, elles sont toutes propres !
- Pardon Beezee, d'avoir confondu tes pattes avec des mains, et bravo à toi aussi. »

La petite frimousse d'Auxane s'illumina tandis qu'elle battait des pieds sous la table, visiblement très contente.

« On mange quoiii ? Les courgettes ? »

En entendant ces mots, le cuisinier en herbe prit un air ennuyé et se gratta la tête. Les courgettes étaient... disons qu'elles avaient... c'était un malheureux accident mais... Ils ne les mangeraient pas. Un sourire coupable au visage, il secoua la tête.

« Non mon cœur, elles étaient étrangement devenues toutes noires. Du coup, on mange du poisson pané et de la purée...
- Oh ouaiiiis ! »

Les yeux de la petite demoiselle brillèrent de trop de joie et elle se tourna rapidement vers Beezee pour lui expliquer comme ce serait vraiment très bon. L'amusement teinta les prunelles de son père tandis qu'il servait tout ce beau monde. Beezee eut droit lui aussi à sa part, un petit morceau car il avait un appétit de peluche -et surtout car ça coûtait relativement cher de nourrir un doudou qui ne finissait jamais son repas.

« Bon appétit tout le mooonde !
- Merci ma puce. À toi aussi.
- Miam miam miam... »

Le déjeuner se déroula dans la joie et la bonne humeur, sous les éclats de rire des uns et les plaisanteries des autres. Papa dût faire un bisou magique à Auxane et à Beezee car ils s'étaient brûlé les doigts et c'est lui qui coupa le poisson pour éviter d'autres dégâts. Au terme de ce repas, Auxane leva ses grands yeux bleus vers lui, un joli sourire aux lèvres. Fier du contentement de sa princesse, il se permit de reprendre la parole.

« C'était bon hein ?
- Oui, mais tu sais papa, je suis pas bête, je sais bien que tu as encore fait brûler les courgettes ! »

Un petit rire ennuyé perça l'air. Sa fille était décidément trop maligne...

« Je plaide coupable.
- C'est pas grave papa, peut être qu'un jour tu sauras faire de la nourriture qu'on peut manger, toi aussi ! »

Le jeune père se fit tout de même la réflexion qu'Auxane avait hérité du tact de sa mère. Il le garda pour lui.






Aujourd'hui était un grand jour pour Auxane. Aujourd'hui, après plusieurs mois où elle avait été très sage à l'école et où elle avait eu les meilleurs notes de sa classe, papa avait décidé de la récompenser. Il l'avait donc emmenée dans la voiture avec Beezee qui, s'il était au courant, n'avait rien voulu lui dire malgré son insistance. Alors, Auxane s'était dit que tant pis et elle trépignait dans la voiture en attendant que papa finisse les préparatifs. Peut-être qu'ils partaient en vacances, après tout, et que c'était pour ça que papa vérifiait très souvent s'il n'oubliait rien, mais que comme c'était des vacances secrètes, il ne pouvait pas préparer de valise afin que personne ne puisse savoir ce qu'ils faisaient. Ou alors, peut être qu'ils allaient retrouver maman ! À cette idée, un gigantesque sourire prit place sur les jolies lèvres de la petite fille qui serra la patte de sa peluche un peu plus fort depuis son rehausseur. Beezee aussi était attaché, parce que papa disait toujours que la sécurité, c'était très important, et qu'il valait bien mieux avoir sa ceinture en cas d'accident. Alors, parce qu'Auxane était une enfant très sage et qu'elle ne voulait surtout pas qu'il arrive quelque chose à Beezee et papa, la demoiselle vérifiait toujours que tout le monde avait bien suivi les normes de sécurité. Et comme si papa l'avait entendue, il pénétra dans la voiture à ce moment précis et attacha sa ceinture avant de prendre le volant. Auxane battit des jambes d'enthousiasme.

« On va oùùùù ? »

Tenta-t-elle encore une fois, juste au cas où papa serait d'accord pour le lui dire. Celui-ci lui envoya un regard depuis le rétroviseur, puis lui adressa un sourire.

« C'est une surprise, mon cœur. »

Une petite moue faussement boudeuse vint s'installer sur sa jolie frimousse. Auxane aurait vraiment bien voulu savoir, elle.

« Mais papa... »

Essaya-t-elle encore.

« Non, mon amour. Tu verras, je suis sûr que ça te fera plaisir.
- Pfff... »

Le reste du trajet jusqu'à la destination mystère fut plutôt tranquille et la voiture se gara bientôt sur une place de parking faisant face à un bâtiment qui s'appelait « Spa ».

« Ohh ! »

Un sourire dévora immédiatement les lèvres de la petite fille qui comprit immédiatement où ils se trouvaient. À la SPA, qui se prononçait « èss pé a » ! C'était un endroit où les animaux qui n'avaient pas eu de chance dans la vie se retrouvaient et Auxane avait très envie de rendre un grand chien très heureux. Beezee aurait préféré un chat, comme il le lui murmura dans l'oreille, mais elle, elle voulait aider un gros chien. Et un très vieux, parce que s'il était vieux, ça voulait dire qu'il attendait sa maman depuis longtemps, et Auxane ne voulait pas qu'il ne la retrouve jamais. Elle courut jusqu'à l'entrée du chenil avant de s'arrêter net et d'attendre son papa qui avait décidé de marcher pour le plus grand déplaisir de l'enfant.

« Papaaaa, viiiite ! »

Son papa éclata de rire et accéléra un peu, ce qui lui permit de les rejoindre, elle et Beezee, en quelques enjambées. Auxane sautilla sur place, parce que quand même, elle était impatiente de voir tous les chiens malheureux, puis donna bien vite sa petite main à papa lorsqu'il la lui demanda. Une fois que ce fut fait, tous trois purent entrer et Auxane offrit un sourire à la dame qui les salua.

« Bonjour, vous êtes ici pour adopter l'un de nos petits pensionnaires ?
- C'est bien ça. Un chien, si je ne me trompe pas... Hein mon cœur ? »

Auxane hocha furieusement la tête et se laissa guider par son papa qui la connaissait si bien et par la dame. Oh, oui, qu'elle avait hâte... ! Ils arrivèrent bientôt face à des tas de cages qui renfermaient chacune un chien, un chien qui pleurait et se jetait sur les grilles pour pouvoir approcher cette famille qui n'en choisirait qu'un. À cette pensée, Auxane eut envie de tous les adopter. Papa baissa les yeux vers elle et elle vit qu'il se demandait s'il avait bien fait de l'emmener ici. Serrant sa main avec un beau sourire, Auxane se concentra donc sur le chien à qui elle allait donner une famille. Elle repartit avec le plus vieux, le plus malingre et le plus laid de tous les chiens qu'on lui avait présenté. Lorsqu'on lui demanda, plus tard, pourquoi elle avait choisi celui-ci plutôt que tous les chiots qui se trouvaient sur place, elle répondit qu'Edgard était le plus malheureux d'entre eux.






Tout allait bien. Auxane était partie jouer dans le jardin avec son chien et sa peluche, et lui était là, tenant en ses mains la fragile sculpture offerte par sa toute petite fille pourtant déjà si grande. Bien que l'objet soit grossièrement taillé, le père de famille ne le voyait pas vraiment. Il voyait les couleurs utilisées, ses préférées, et les symboles qui l'ornaient, comme un hommage à leur vie à deux. Pour la quarantième fois, il passa le doigt sur son prénom, gravé là par ce qu'il imaginait être un cure-dent. Chaque lettre était dessinée avec application, comme si c'était là le détail le plus important de toute la sculpture, mais il n'en était rien. Auxane avait pris soin de représenter Edgard, Beezee et lui, et puis surtout, elle avait évidé l'intérieur de son œuvre afin de la rendre creuse. Et là, elle y avait mis un petit mot, écrit de la main d'une enfant de neuf ans. Le papa trop ému pour se l'avouer glissa les doigts dans l'interstice et en tira un minuscule « parmechin ». C'est avec toute la douceur et la délicatesse du monde qu'il l'ouvrit, comme s'il eut craint que celui-ci put se briser d'un simple toucher. Sur le morceau de papier n'étaient inscrits que quelques mots maladroits, mais qui finissaient pourtant toujours par l'émouvoir aux larmes. Sans doute était-il ridicule. D'aucuns diraient qu'il ne s'agissait là que de l’œuvre d'une enfant, mais pour lui, c'était bien plus. Pour lui, c'était la preuve que sa fille l'aimait, la preuve qu'il parvenait, rien qu'un peu, à la rendre heureuse, la preuve, aussi, que malgré l'absence de sa mère, celle-ci s'épanouissait. Parcourant d'un doigt presque intimidé la lettre, il sentit couler une larme d'émotion sur son visage. Peu lui importait. Il était seul dans une chambre tristement vide depuis maintenant deux ans et personne ne pourrait jamais le voir faire.
« Papa je t'èm aime et mém même si tu ne sais pas cuisiner de la vrai nouriture, j'aime ta cuisine.
Auksane Auxane. »
Un énième sourire imbécile vint fleurir sur ses lèvres. Sa fille était la plus belle, la plus intelligente et la plus adorable de toutes. Et dieu qu'il l'aimait.






Ce soir était un soir qui faisait peur. Ce soir, c'était un soir dans le lit de papa et la nuit, trop sombre, dévorait toute la lumière du monde pour ne laisser que cette obscurité glaçante dans laquelle elle ne voyait rien. Auxane détestait quand le noir était partout, mais elle était une grande fille et les filles de son âge ne devaient pas avoir peur de dormir sans luminosité. Alors, malgré l'anxiété qui lui nouait le ventre, Auxane n'avait rien dit et s'était glissée dans le lit de son papa. Celui-ci n'avait pas tardé à la rejoindre et ensemble, ils avaient tout éteint, papa lui répétant qu'elle n'avait rien à craindre, que les mains ne lui faisaient finalement jamais de mal et que rien ne lui arriverait jamais ici. Auxane avait simplement hoché la tête et avait bien caché ses pieds dans la couverture pour éviter tout danger venu d'en bas. Même si, en général, les mains ne venaient jamais de là, Auxane ne pouvait s'empêcher de croire qu'il y avait un risque qu'un jour, elles la tirent hors du lit pour l'emmener dans leur monde rempli de touchers qu'elle détestait et qui la terrifiaient. Une fois bien installée, elle avait fermé les yeux et avait même fini par s'endormir. C'était là que tout avait commencé. Sur sa jambe droite, une main était glissée dans l'une de ces caresses qui la dérangeait tant. La peur au ventre, Auxane avait cherché à remonter sa couette jusqu'en haut de son nez, mais ça n'avait pas marché. C'était déjà trop tard et la main, doucement, était revenue à la charge, sur son ventre, cette fois-ci.

« P-papa... ? »

Avait-elle appelé d'une toute petite voix, dans l'espoir de réveiller son père. Si les doigts se stoppèrent dans leur geste, cela ne dura qu'un instant et papa ne s'éveilla pas. La gorge sèche et les yeux humides, Auxane s'était raidie lorsque l'une de ses ennemies nocturnes avait frôlé sa joue. Elle détestait, quand les mains faisaient ça. Sa joue, ça la dérangeait beaucoup. Là, et puis ailleurs, et même partout. En fait, Auxane ne supportait vraiment plus tout ça. Fermant les yeux très, très fort, elle tenta d'oublier ce qui se passait, ce qui la terrorisait un peu trop et qui lui donnait tant envie de pleurer. Ce fut simplement lorsque la main se permit de caresser sa cuisse qu'elle eut un léger sursaut. Auxane savait que si elle allumait la lumière, les mains se vengeraient, parce qu'elles attendaient toujours qu'il fasse très très nuit pour agir, mais ce soir, elle avait vraiment trop peur. Elle avait cru sentir bouger en bas et puis sa maîtresse lui avait bien dit qu'il fallait affronter ses craintes, cet après-midi, lorsqu'elle avait refusé de jouer à la corde à saut-...
Ses pensées s'échouèrent lorsque les doigts passèrent sous son pyjama et rencontrèrent son ventre même, directement sur sa peau. Alors, Auxane décida, pour la première fois de sa petite vie, qu'elle allait dépasser ses peurs et tenter l'interdit. Doucement, tandis que la main jouait sur tout son buste, elle se décala sur la gauche. Un peu, encore un peu... Juste un peu... Elle y était. Elle sentait le mur, contre sa paume et savait où trouver ce qu'elle cherchait. Ce fut donc brusquement qu'elle alluma l'interrupteur de la chambre de papa, horrifiée à l'idée de ce qu'elle allait découvrir. Auxane s'imaginait souvent des monstres rachitiques à la dentition trop aiguisée pour ne pas être dangereuse. Il lui arrivait de penser qu'il s'agissait plutôt de toutes petites créatures, mais à la bouche si large qu'ils auraient pu l'avaler d'un seul geste. Parfois même, elle craignait de trouver une sorte de créature à mille mains, qui aurait voulu entrer dans son corps pour devenir elle. Auxane imaginait beaucoup de choses, mais jamais elle n'aurait pu deviner la vérité. Ses yeux s'écarquillèrent, ses traits se déformèrent et sa voix se perdit au fond de sa gorge. Les mains qui l'horrifiaient depuis tant d'années n'appartenaient ni à un monstre longiligne, ni à un nain dévoreur d'enfants, ni même à une chose difforme, non. Les mains qui la torturaient depuis trop longtemps étaient celles de son père. Alors, il éclata en sanglots.






Sept ans plus tard...


Auxane regarda une dernière fois le bord de mer où elle s'était réfugiée. Infinie, immense et souveraine, celle-ci lui procurait toujours beaucoup de sérénité et calmait les trop nombreuses blessures qui s'étaient accumulées dans son âme au fil du temps. Lorsqu'elle trempait les pieds dans l'eau salée, ses doutes disparaissaient et, si elle osait l'avouer, Auxane se sentait libre. Elle se sentait libre d'être qui elle souhaitait, libre des entraves de son passé et de celles, plus solides, de son présent. Elle se sentait libre et cette sensation, interdite, inédite, même, avait tendance à sauvagement la griser, elle, l'enfant si sage et si tranquille qui ne faisait jamais de bruit. Alors qu'un sourire illuminait ses lèvres, une vague plus forte que les autres vint l'arroser des pieds à la tête. Auxane soupira. Depuis un certain temps déjà, ces trombes d'eau qui la punissaient parfois pour ses pensées n'étaient plus le signe d'une simple malchance. Ils avaient pris une toute autre saveur le jour de son anniversaire.

« Poséidon... C'est ridicule. »

En guise de réponse, une seconde vague chercha à l'atteindre. Auxane ne réussit à l'éviter qu'en reculant de justesse. Elle adressa un regard de reproche à l'étendue d'eau salée qui lui faisait face, une moue désapprobatrice au visage. Parfois, elle avait l'impression de se trouver face à un enfant.

« Auxaaane ? Le taxi est arrivééééé !
- J'arrive papa ! »

Lançant un dernier sourire réprobateur à l'océan, Auxane se détourna pour rejoindre son père. Il était temps pour elle de quitter la Suède. Elle avait rendez-vous avec son destin. Kaunaz Algiz l'attendait.
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Re: “La résignation allège tous les maux sans remède.” [Auxane Lindberg]
Rebienvenue à toi charmante collègue
Avec une nouvelle jeune fille toute belle, je me réjouis de voir ce que tu m'as préparé

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Auxane Lindberg
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Re: “La résignation allège tous les maux sans remède.” [Auxane Lindberg]
Merciiiiiiiii !

Je te préviens, pour cette minette il va falloir sortir les mouchoirs !
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Clemence Bergström
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Re: “La résignation allège tous les maux sans remède.” [Auxane Lindberg]
Salutations, ma chère co modo. Dragon. ( De... Bref, je reviens me pendre >.> )
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Auxane Lindberg
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Re: “La résignation allège tous les maux sans remède.” [Auxane Lindberg]
Je t'aime, mister dragon ~
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Re: “La résignation allège tous les maux sans remède.” [Auxane Lindberg]
Fiche acceptée

Validation par Isadora

Le 03.09.17
D'Auxane Lindberg
Félicitations

Ce que tu peux écrire merveilleusement bien. Un texte si beau, si puissant et en même si horrible à la fois, malgré tes préventions, je suis un peu déboussolée, je dois l'avouer ! Preuve en est que ta façon d'écrire à vraiment quelque chose de magique . J'en ai eu le souffle coupé et des sueurs froides. Pas toujours évident d'écrire ce genre de choses, pourtant tu l'as fait... Alors vraiment, je te tire mon chapeau ! Enfin, ta petite Auxane sera en sécurité ici !

Toujours un plaisir de te lire, et je compte bien trouver des liens importants et insolites avec ce personnage que je me réjouis vraiment de voir évoluer. C'est à nouveau avec un immense plaisir que je te valide et je me passe de t'expliquer la procédure à suivre que tu ne connais sûrement que trop bien ! Alors à très vite, on se rejoint de l'autre côté du portail de Kaunaz Algiz  


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“La résignation allège tous les maux sans remède.” [Auxane Lindberg]
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